Études = sécurité ?

Discussion autour des études 6 réponses 71 vues
Massiva 2 ans
As salam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatouh ! Je voulais vous partager mon expérience concernant mes études -moi qui les ais enfin finis- et quelques enseignements que j’en ai pu tirer par la grâce d’Allah. En 2016, lorsque j’ai eu mon bac, je me suis dirigée vers des études de droit (le cauchemar d’Inès haha). Cette voie n’a ni été une conviction personnelle, ni un acte réellement réfléchie. Comme beaucoup, je venais d’un collège en ZEP et durant les années où j’y étais, bien qu’ayant un bon niveau on n’arrêtait pas de me répéter qu’une fois arrivé au lycée ma moyenne allait chuter d’au moins 5 points et qu’il faudrait que je travaille plus que les autres. Je pense que j’ai intériorisé toutes ces remarques, et arrivée dans un lycée où il y avait peu de personnes avec la même histoire que moi, je me suis très vite sentie dépassée.  Moi qui me voyais petite vétérinaire, par manque de confiance en moi pensant ne pas réussir dans la filière scientifique, je me suis dirigée vers la filière économique et sociale (surtout qu’à cette époque on n’arrêtait pas de répéter que la filière littéraire n’avait pas de débouchés, alors même que j’étais passionnée par la littérature !) Quand je suis arrivée à l’Université pour étudier le droit, rebelote, j’ai eu pendant plusieurs mois des gros doutes sur ma capacité à réussir parce que j’avais l’impression de manquer par rapport aux autres. Je me suis donc enfermée dans mes études, et 7 jours sur 7 j’allais à la bibliothèque (oui, je faisais partie de ces personnes qui faisaient la queue pendant une heure le dimanche pour rentrer à la BPI). Finalement, je me suis rendu compte que j’étais plutôt douée dans ce domaine, et j’ai commencé à avoir confiance en moi. Le problème, c’est qu’en ayant confiance en moi, j’omettais complètement de m’en remettre à Allah, et j’oubliais qu’en réalité ce n’était pas en moi que je devais avoir confiance, mais en Allah tabaraka allah wa ta3ala. En bref, je pensais que ma réussite ne dépendait que de moi-même, je pensais que c’était par un dur travail que j’allais pouvoir réussir oubliant complètement que la subsistance ne vient que de Lui. Je pensais que c’était par les études que j’allais trouver une certaine sécurité dans la vie. Surtout que je faisais des études « prestigieuses » dans une université « prestigieuse ». Sans rentrer dans les détails, j’ai donc mis de côté beaucoup d’obligations religieuses. En master 1, alors que je continuais dans ce rythme de vie, un petit virus que l’on connaît toutes très bien est arrivé. Il faut dire que j’ai très mal vécu le confinement. J’ai de très gros problèmes de concentration, donc les études à travers un ordinateur c’est quasi-impossible pour moi. Malgré tout, je me suis accrochée et j’ai eu mon master 1, et j’ai eu le master 2 que je voulais. Faut savoir que le Covid a été pour moi le début d’une rétrospection, je me suis posée beaucoup de questions à ce moment-là, mais je n’étais pas encore prête à prendre en compte toutes les conséquences dont il en découlait. Puis, arrive l’été 2021, je suis en train de préparer mon mémoire tout tranquillement (bien que j’ai eu beaucoup de doutes quant au sujet de mémoire, avec cette impression que ce je faisais était dépourvu de sens). Et puis, le ciel me tombe sur la tête. À ce même moment même, ma cousine de onze ans, Allah y rahma, rentre en réanimation. Il y a quatre ans, on avait appris qu’elle avait une leucémie, mais ça faisait un peu plus de deux ans qu’elle était en rémission. On était donc plutôt positif à ce sujet, parce qu’on savait qu’une personne était considérée comme guérie du cancer quand pendant 3 à 5 ans elle n’avait plus aucune cellule cancéreuse. On s’était dit qu’on était proche. Donc quand on apprit qu’elle était en réanimation, on ne comprenait vraiment pas. En fait, ça faisait quelques mois qu’elle avait fait une rechute, mon oncle nous l’avait caché, et cette rechute exigeait un don de moelle osseuse. Il faut savoir qu’il est très difficile de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse hors fratrie, une chance sur un million, et que le processus même de la greffe est très compliqué, puisque pendant plusieurs semaines le receveur n’a plus de globules rouges ni de globules blancs. Ils ont trouvé une compatibilité, mais des complications dues à la greffe sont vite arrivées. Malgré de longues semaines de batailles, et parfois d’espoir, elle est décédée. Elle est décédée devant mes yeux, mon frère a récité la chahada pendant que son cœur été en train de lâcher, et j’ai assisté à l’effondrement d’un père qui voyait sa fille partir. Ça a été d’une violence inouïe, l’épreuve la plus difficile qu’il m’a été de vivre.  À cela s’est ajouté quelques jours après, le décès de mon oncle, Allah y rahmo. Ces épreuves étaient ce qu’il me fallait pour que je passe de la seule rétrospection à l’action. J’ai abandonné mon mémoire, parce que ça n’avait plus aucun sens et le continuer m’aurait tellement obnubilé que je n’aurais pas pu accueillir tous les enseignements de ces épreuves. Finalement, j’ai travaillé autant pendant 5 ans pour ne pas valider ma dernière année, moi qui pensais que les études et l’effort allaient me garantir la sécurité. À ce moment-là, j’ai vraiment compris que la finalité ne dépendait pas de moi, qu’il importait peu de savoir si j’arriverais à atteindre mes objectifs ou non. Le plus important étant de savoir quels moyens j’utilisais pour arriver à ces objectifs, et je me suis rendu compte que les moyens que j’avais utilisés pendant ces 5 ans n’étaient pas les bons ^^’ Voilà ma petite expérience avec les études, désolée de la longueur, mais j’avoue que ça me fait du bien d’extérioriser tout ça. Je n’ai pas de conclusion générale parce que je ne pense pas à être apte à donner des conseils à qui que ce soit. Aussi, si des sœurs veulent de l’aide dans leur étude de droit, je suis là ! Pas sûre que je sois vraiment utile, mais je peux toujours essayer in sha Allah. Merci de m’avoir lu jusqu’ici !