On m’a demandé une fois comment savoir si l’on était prête pour le mariage. Est-ce un sentiment ? Une série de questions auxquelles on sait enfin répondre ? Un test à réaliser ? Un signe à interpréter après une consultation ? Pour ma part, je parlerais plutôt de l’expérience de la fin d’un cycle qui s’est faite de plus en plus intense à partir de mes 23 ans et qui m’a conduit tranquillement à l’étape suivante de mon existence, le mariage. Je vous explique plus en détails ma pensée. 

La vie est faite de plusieurs étapes, comme une roue qui tourne indéfectiblement, et desquelles on prend conscience dès lors qu’on quitte la période de l’enfance. On grandit et on réalise que l’on vieillit, qu’on mourra, que nos parents ont été enfant, ont vieilli et vont vers leur mort, eux comme nous. À la fin, l’insouciance n’est plus permise et on devient adulte quand on comprend la gravité de cette vie, la mort certaine, le temps qui passe et les enjeux à réussir notre temps sur Terre pour la satisfaction du Très Haut. 

On ne sait pas combien de temps on vivra mais on sait déjà quels sont les différents âges d’une vie humaine : enfance, jeunesse, âge adulte, maturité, vieillesse. Et, avec la maturité, on accepte cette réalité on l’embrasse et on essaie de donner du sens à chaque étape. Un piège de la Modernité, c’est d’avoir réussi à faire oublier aux Hommes à quel point la vie est courte, quel sens elle a, les âges par lesquels on passe et la mort qui nous rattrapera un jour ou l’autre. On voit alors des personnes vivre comme des éternels enfants, incapables d’endosser des responsabilités. On parle d’adolescence pour justifier des comportements immatures, on parle d’adulescence pour expliquer que l’âge de la maturité n’arrive pas, on préfère jouir d’une jeunesse factice aussi longtemps que possible. D’ailleurs, on semble embarrasser par la vieillesse… À quoi sert-elle ? Que faire de nos vieux ? En bref, l’Homme moderne ne sait plus accepter la vie pour ce qu’elle est : un cycle, une roue qui tourne, des étapes à franchir du berceau à la tombe, et des âges à honorer. 

C’est quand j’ai commencé à méditer sérieusement sur le cycle de la vie, dans ma chambre de jeune fille, chez mes parents, qu’il m’est peu à peu apparu que l’étape de ma jeunesse insouciante était en train de prendre fin. Et chaque semaine qui défilait a commencé à ressembler à un sursis. J’allais à la fac, j’avais un job étudiant, j’aidais aux tâches de la maison, je lisais, faisais du sport, voyais mes amies, m’impliquais dans la vie associative et culturelle… J’avais du temps et j’en ai bien profité ! Mais un sentiment grandissait et une pensée s’affinait en moi… Est-ce bien ma place sur Terre d’être chez mes parents à profiter d’une vie confortable ? Jobservais mon père travailler et assurer les besoins de la maison comme il l’a toujours fait et ma mère s’activer de son côté pour la gestion du foyer, l’éducation de mes jeunes soeurs. Il m’était apparu clairement que j’entrais dans une lente stagnation et que ma place chez mes parents perdait de son sens peu à peu. Quand j’observais leur couple, leur foyer, leur fonctionnement, il était évident que je n’avais plus un regard d’enfant mais celui d’une adulte qui pouvait aussi vivre en couple, gérer un foyer, inventer mon propre fonctionnement. J’aimais ma vie, j’ai profité des quelques années spéciales de mon célibat pour apprendre, mûrir, lancer des activités que je poursuis ce jour encore mais désormais, la pensée qu’il était temps que j’aille construire ma vie de mon côté ne me quittait plus et se confirmait de jour en jour. C’est ainsi que la conscience du cycle de la vie et l’expérience que j’en ai faite m’a conduit à entamer les démarches pour aller vers le mariage, de façon naturelle, logique. 

Le Très Haut m’a alors facilité, après quelques années de patience, pour le choix d’un prétendant et les débuts de notre vie conjugale. Ces premiers mois ont été instructifs et m’ont donné l’impression d’avoir enfilé une perle de plus au collier de cette vie. Effectivement, l’étape était franchie et c’est ce qui me manquait pour dépasser la sensation de stagnation qui m’avait habitée ces dernières années. On en parlera lors de prochains articles in chaa الله !

 

PS : à chacune son Mektoub, il va sans dire. Cet article n’est qu’une réflexion sur le sens de la vie destinée à inspirer celles qui se rapprochent de cette pensée.